L’actu beauté : la France pourrait bientôt exporter des cosmétiques en Chine sans tester sur les animaux

L’actu beauté : la France pourrait bientôt exporter des cosmétiques en Chine sans tester sur les animaux

Bonjour ! Vous avez peut-être vu passer la nouvelle ces derniers jours : selon la Fébéa (la fédération qui représente les entreprises de la beauté en France), la France va probablement pouvoir se passer de test sur les animaux pour exporter ses produits de beauté en Chine. Vous l’avez donc deviné, aujourd’hui on va parler réglementation mais promis je vais essayer de rendre ça pédagogique !

Le contexte

Vous le savez sans doute, si une marque de cosmétiques veut vendre en Chine, elle doit répondre à plusieurs critères drastiques. En plus de déposer un dossier administratif conséquent, elle doit révéler la composition de ses produits. La Chine a une liste de quelque 9000 ingrédients autorisés (il est toujours possible de déposer un dossier pour un produit contenant un ingrédient inédit mais il aura des risques élevés de voir sa procédure bloquée). Ces derniers doivent aussi être testés sur les animaux avant leur mise sur le marché. C’est donc un gros point noir pour les marques revendiquant une image cruelty-free. De manière générale, c’est un sujet sensible pour les consommateurs qui n’hésitent pas à boycotter une marque s’ils apprenaient qu’elle vendait en Chine, et donc testait sur les animaux.

Pourquoi c’est aussi compliqué

Cette procédure, qui implique aussi le fait de s’associer avec un partenaire chinois, est très coûteuse, puisque le dépôt du dossier et tous les tests qui en découlent sont facturés à la marque. J’avais fait des recherches pour un article sur ce même sujet il y a quelques années, et l’un de mes interlocuteurs m’avait expliqué que c’était probablement une forme de protectionnisme de la part de la Chine, de sorte à limiter le nombre de marques étrangères et favoriser la consommation de produits locaux.

Et sur Internet ?

Voilà pour la procédure (très grossièrement résumée) si vous êtes une marque et que vous souhaitez commercialiser vos produits de beauté dans des boutiques physiques en Chine. Mais il existe aussi une manière de contourner ce système, de manière tout à fait légale bien sûr, et ce, via le cross-border. Si vous n’êtes pas familier avec ce terme, il s’agit tout simplement de plateformes Internet qui vendent à destination de clients qui se situent dans un autre pays que celui du site en question. Par exemple, si vous commandez des vêtements sur le site ASOS alors que vous vivez en France, vous faites du cross-border sans le savoir ! Concernant la Chine, parmi les sites les plus connus, on peut citer Alibaba et Tmall, deux poids lourds du web qui génèrent des milliards d’euros de ventes tous les ans.

Ce qui va (probablement) changer

Selon la Fébéa, la France et la Chine auraient trouvé un terrain d’entente pour se passer de test sur les animaux concernant la catégorie des produits ordinaires (par exemple, le maquillage, les shampoings et les gels douche, mais pas les protections solaires). L’alternative consisterait à présenter un certificat de conformité aux bonnes pratiques de fabrication ainsi qu’une évaluation de la sécurité, délivrés en France par l’ANSM (l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé). J’emploie le conditionnel parce que cette évolution est soumise à l’approbation officielle de la Chine qui devrait arriver (ou non) au printemps. Mais les lignes semblent bouger depuis plusieurs années et ce, dans le bon sens, donc nous ne pouvons qu’espérer une issue favorable prochainement !